Cholestérol et ménopause
Quel est le lien entre les deux ?
« Mon cholestérol a augmenté depuis ma ménopause. Pourtant, je mange pareil et je fais du sport. »
Une question fréquente. Et en réalité, elle n'a rien d'étrange.
Le cholestérol n'est pas en soi une « mauvaise » substance. Votre corps a besoin de cholestérol, entre autres pour la construction des cellules et la production d'hormones. Le problème réside surtout dans la manière dont le cholestérol est transporté dans votre corps.
C'est là que vous entendez souvent parler de cholestérol LDL et HDL.
LDL : le « mauvais » cholestérol
Le LDL transporte le cholestérol du foie vers le reste du corps. Nous avons besoin de ce cholestérol, mais lorsque trop de particules LDL circulent dans le sang, elles peuvent se loger dans la paroi des vaisseaux. Une réaction inflammatoire peut alors s'y développer et des plaques peuvent se former.
C'est pourquoi nous appelons souvent le LDL le « mauvais » cholestérol.
HDL : le « bon » cholestérol
Le HDL fait, dans les grandes lignes, l'inverse. Il aide à transporter le cholestérol des tissus vers le foie, où il peut être traité et éliminé.
C'est pourquoi le HDL est souvent appelé le « bon » cholestérol.
Que signifie « athérogène » ?
Athérogène = qui favorise l'apparition du durcissement des artères (athérosclérose).
Un profil lipidique plus athérogène signifie donc qu'il y a relativement plus de lipoprotéines présentes qui peuvent contribuer au développement de plaques dans les vaisseaux sanguins. Le LDL joue ici un rôle particulièrement important.
Quel est le lien avec la ménopause ?
En raison de la baisse des œstrogènes, la composition corporelle et la répartition des graisses changent, entre autres. La graisse abdominale et viscérale s'accumule plus facilement et le profil lipidique peut devenir moins favorable, avec une augmentation du cholestérol total, du cholestérol LDL et des triglycérides et une diminution du cholestérol HDL (El Khoudary et al., 2020 ; Bernal et al., 2025).
Les œstrogènes jouent en effet un rôle important dans le traitement du cholestérol et des lipoprotéines. Lorsque le taux d'œstrogènes baisse pendant la ménopause, ce métabolisme évolue en moyenne vers un profil lipidique plus athérogène.
C'est important, car le risque cardiovasculaire augmente également avec l'âge.
Mais il y a aussi une bonne nouvelle : l'activité physique peut jouer ici un rôle important.
Musculation et cholestérol
Quand nous pensons au cholestérol, nous pensons souvent d'abord à l'alimentation. Mais l'exercice physique — et en particulier la musculation — a aussi des effets métaboliques importants.
Une méta-analyse de 12 études contrôlées randomisées chez des femmes ménopausées a montré que la musculation réduisait le cholestérol total et les triglycérides et augmentait le cholestérol HDL (Loaiza-Betancur et al., 2022).
Des études individuelles montrent également des changements pertinents. Après 12 semaines de musculation chez des femmes ménopausées obèses, le cholestérol total, le cholestérol LDL et le cholestérol non-HDL ont diminué, sans que le poids corporel ne change de manière significative (Wooten et al., 2011).
Et ce dernier point est important.
Votre santé ne s'améliore pas nécessairement sur la balance
Vous pouvez devenir plus forte, développer votre masse musculaire et perdre de la masse grasse sans que le chiffre sur la balance ne change beaucoup. La musculation augmente en outre la masse maigre, ce qui contribue à une meilleure santé métabolique (Khalafi et al., 2023).
Et le cardio alors ?
Le cardio reste important lui aussi.
L'entraînement d'endurance est particulièrement efficace pour améliorer votre condition cardiovasculaire et peut également contribuer à une réduction de la masse grasse et de la graisse viscérale (Khalafi et al., 2023).
Vous n'avez donc pas du tout à choisir entre musculation et cardio.
Ils se complètent parfaitement.
La musculation est particulièrement intéressante pour la masse musculaire, la force musculaire, le tour de taille et divers paramètres métaboliques. L'entraînement d'endurance a des effets marqués sur la condition cardiovasculaire et l'oxydation des graisses.
L'entraînement combiné offre ainsi un large éventail de bénéfices pour la santé. La recherche montre d'ailleurs qu'aucune forme d'entraînement n'est supérieure pour tous les aspects de la santé métabolique (Khalafi et al., 2023 ; Zhang et al., 2025).
Comment s'entraîner au mieux pendant la ménopause ?
En pratique :
2 séances de musculation par semaine
Entraînez les grands groupes musculaires et rendez votre entraînement suffisamment stimulant.
Vous n'avez pas besoin de passer des heures à la salle de sport. Mais vos muscles doivent recevoir un stimulus d'entraînement clair.
Devenir plus forte est l'objectif. Pas seulement brûler des calories.
Combinez cela avec du cardio
Visez comme base 150–300 minutes d'activité aérobie d'intensité modérée ou 75–150 minutes d'activité intense par semaine.
Cela peut être la course à pied, le vélo, la natation, la marche rapide… Choisissez surtout une forme d'exercice qui vous convient et que vous pouvez maintenir.
Combinez les deux
Pour la plupart des femmes en périménopause et postménopause, une combinaison de musculation et d'endurance est probablement la stratégie la plus complète pour une bonne santé cardiométabolique.
Et peut-être encore plus important
Ne regardez pas seulement votre poids.
Regardez aussi votre force musculaire, votre tour de taille, votre tension artérielle, votre cholestérol, vos triglycérides, votre glycémie et votre condition physique.
La ménopause ne signifie pas que votre santé ne fera que décliner à partir de maintenant. C'est justement une période où vous pouvez à nouveau accorder un peu plus d'attention à certaines choses.
Références
- El Khoudary SR, et al. Menopause Transition and Cardiovascular Disease Risk: Implications for Timing of Early Prevention. Circulation. 2020;142(20).
- Bernal E, et al. Physical activity and lipid profile in peri- and postmenopausal women: a systematic review. 2025.
- Loaiza-Betancur AF, et al. Effects of resistance training on body composition and metabolic health in postmenopausal women: a systematic review and meta-analysis. 2022.
- Wooten JS, et al. Resistance exercise and lipoproteins in postmenopausal women. 2011.
- Khalafi M, et al. Resistance training and body composition in postmenopausal women: systematic review and meta-analysis. 2023.
Ces informations sont fournies uniquement à des fins éducatives et informatives. Elles ne remplacent pas un avis médical, un diagnostic ou un traitement par un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié. Consultez toujours votre médecin (généraliste) si vous avez des questions ou des préoccupations concernant votre santé ou votre traitement.